LES PNEUS DANS LE PLAT

LES PNEUS DANS LE PLAT

Une famille à vélo - épisode 1

Les Pneus dans le Plat, c’est une tribu de 4 énergumènes :

Joséphine, 2 ans, une tête blonde et ronde assez intrépide (ce qui a le don de filer quelques suées à ses parents) ; Léopold, 4 ans, d’un naturel posé et prudent (et mitraillette à questions “pourquoi”) ; Pauline, 34 ans, agent immobilier en pause et moteur de l’aventure ; et Simon-Pierre, 34 ans, couteau suisse mais aussi expert en perte ou casse - ce qui s’avère assez peu utile pour le voyage à vélo.

Ensemble, ils ont décidé de partir en famille pour un voyage en France d’un an. Un voyage volontairement lent, en autonomie, à la rencontre de paysans, producteurs, porteurs de projets autour de l’alimentation, et à la recherche de temps pour soi et du plaisir des choses simples. Aujourd’hui, la petite tribu est en Ardèche, après 6 mois sur les routes. Dans ce premier article, ils nous racontent leur préparation et les raisons de ce désir de partir à 4 sur 2 roues. Enfin 8. 

Pourquoi avez- vous choisi le voyage à vélo en famille ?

D’abord, c’était la volonté de vivre une véritable aventure ensemble, de renforcer les liens qui nous unissent en vivant quelque chose de puissant. Le vélo s’est imposé très naturellement, et peut être assez étonnamment car ni l’un ni l’autre n’est un grand passionné et n’a vécu d'expérience de voyage. Et pourtant, c’est la seule manière de voyager qui nous est venue à l’esprit.

Être maître de notre rythme, parfaitement autonomes et indépendants, a été un gros argument. Et l’envie de prendre le temps : le temps de se déplacer lentement, le temps d’admirer les paysages, le temps de faire des rencontres et du temps pour nous, seuls sur nos vélos. 

C’est quoi le but de ce voyage (s'il y en a un!) ?

Notre départ a aussi été lié à l’envie de quitter la ville où nous vivions depuis trois ans. L’un des buts est alors de trouver l’endroit où nous souhaitons poursuivre notre vie future ; et (re)dessiner les contours de celle-ci. Se poser des questions sur ce dont nous avons vraiment envie et ce qui nous semble essentiel. Définir la vie que nous avons envie de vivre. Et cela passe par le fait de retrouver le plaisir des choses simples: boire quand on a soif, manger quand on a faim, se réchauffer quand on a froid. Avec pour seules clés celles de nos antivols !

Nous avons voulu mettre au cœur de notre voyage la question de l’alimentation. En rencontrant des agriculteurs, producteurs, initiateurs de projets autour de l’alimentation et de la distribution, en circuits courts notamment. Nous passons une partie de l’hiver dans des fermes avec la volonté de vivre des immersions dans ce milieu presque inconnu pour nous.. C’est une manière d’apporter à nos enfants quelque chose de différent et qui nous paraît hyper enrichissant pour eux, grandir au contact de la nature, celle qui nous nourrit et nous épanouit. 

  • LES PNEUS DANS LE PLAT

    -

  • LES PNEUS DANS LE PLAT

    -

Comment avez- vous préparé ce voyage? 

La préparation du voyage, c’est un peu un voyage dans le voyage ! Enfin en tout cas pour nous. C’est important de remettre dans le contexte que nous avons pris la décision de partir sur un coup de tête, à la fin du mois de novembre 2O2O avec pour objectif de partir début juillet 2O21. A peu près 6 mois donc, pour tout organiser, à savoir que nous partions de zéro. Enfin zéro… nous avions tout de même deux pantalons de pluie.

Et pour l’itinéraire ? 

Côté itinéraire, le choix de la France s’est très vite imposé. D’abord pour les raisons sanitaires que nous connaissons tous, mais aussi parce qu’avec les enfants les perspectives étaient un peu différentes : ne pas priver nos parents de voir leurs petits enfants a pesé dans la balance, et nous avons préféré nous simplifier la tâche en restant dans un environnement connu pour une première expérience.

Nous avions dans l’idée de suivre un peu les saisons : éviter les grosses chaleurs de l’été en partant vers le nord (On n’en demandait pas tant cet été !) et rejoindre le sud pour passer un hiver un peu moins rude. Les itinéraires n’ont jamais vraiment été anticipés, c’est selon nous, la manière la plus libre de voyager. Nous avions décidé et réservé les 2 premières semaines de notre voyage et nous nous organisons régulièrement à 3-4 jours en avance (bien que l’hébergement soit souvent trouvé du jour pour le lendemain !). Par exemple, nous pensions passer par le nord de la France et avons décidé au dernier moment (arrivés à Caen) de longer la Loire pour une traversée Ouest/Est de la France un peu plus douce ! La localisation des fermes pour le woofing de cet hiver nous a aussi poussé à traverser et découvrir des zones où nous n’aurions pas forcément été (mais quelles découvertes !).

Le meilleur conseil qui nous a été donné a été d’adapter notre rythme à nos capacités. Et c’est ce que nous avons fait. Nous avons vécu et organisé notre premier mois de voyage comme un véritable rodage et une mise en jambes. On ne faisait pas plus de 20km par jour sur des itinéraires simples et presque plats. Cela permettait d’arriver assez tôt pour installer notre campement, prendre nos marques dans notre nouvelle organisation de vie, et ce n’était pas un luxe. L’idée derrière tout cela était aussi de montrer aux enfants (et aux parents !) que le voyage allait être une super aventure ; et nous ne voulions pas leur imposer de trop grandes sessions de remorque la journée, sans avoir le temps de faire autre chose. 

LES PNEUS DANS LE PLAT

Et l’équipement ?

C’était à la fois un sprint et un marathon : il a fallu trouver et choisir l’équipement très rapidement et en même temps toutes ces recherches sont un travail de fond quand on part de zéro ! Entre les comparatifs, les premières sélections, les re-comparatifs et les ruptures de stocks dûes au contexte !

Nous avons dû faire des choix liés au budget que nous nous étions fixés, à notre ressenti, sans se laisser trop happer par la tentation de surconsommer et surinvestir par rapport à nos réels besoins. Notre idée étant de rester assez simple, d’autant que nous ne sommes pas de nature très précautionneuse avec le matériel… C’était important pour nous de prendre des conseils (sur des blogs de cyclovoyageurs ou des sites marchands), sans perdre notre identité d’amateur, pour découvrir par nous même nos vrais besoins.

L’un des plus gros dilemmes que nous ayons eu a été le choix de notre attelage ! Partir avec une ou deux remorques ? Des vélos Pino ? Un follow me pour Léopold ? Une remorque à pédales ? Nous avons pas mal étudié la question, échangé avec des familles qui sont parties en voyage, et finalement nous nous sommes fait confiance. Deux remorques sont parties avec nous et nous ne regrettons pas ! Certains pensaient que c’était une mauvaise idée et que Pauline ne pourrait pas tracter sur la durée une carriole lestée de Joséphine. Tout est question de dosage, de choix d’itinéraire et de temps que nous nous donnons. Le fait d’être en France, de ne pas avoir à prendre les transports, et d’avoir cette liberté d’itinéraire a fait que nous pouvions nous le permettre. Nous prenons de la place et sommes lourds mais les enfants ont cet espace de liberté et d’intimité quotidien, qui leur permet de souffler, siester, faire leur vie pendant le temps où nous roulons.

LES PNEUS DANS LE PLAT

Pourquoi avoir choisi les vélos Riverside ?

Le choix des vélos a été l’un des gros morceaux de la préparation du voyage. Tu dois faire le choix, avec peu de connaissances techniques et d’expérience de voyage à vélo, de ce qui sera ton mode de transport pendant une année. Simon-Pierre s’est attelé au dossier en lisant beaucoup d’avis, en multipliant les recherches, les conseils de voyageurs, de vélocistes etc…le tout dans une période où les stocks étaient déjà assez rares. Nos critères se sont tout de même assez rapidement définis : des vélos robustes capables de supporter la charge, de nous emmener essentiellement sur des routes ou des voies vélos, un budget relativement moyen et une disponibilité immédiate.

Assez rapidement, nous sommes tombés sur les témoignages et le blog Riverside qui présentait le développement de sa gamme de vélo de voyage. Nous avons été assez convaincus par la manière dont elle a été conçue, par l’état d’esprit et les produits proposés. Il y avait toujours cette problématique de disponibilité avec très peu de vélos produits au moment où nous en avions besoin. Après quelques nuits blanches et une crampe à force de réactualiser le site Decathlon, les choses ont fini par bien se goupiller et il y a eu du stock au moment opportun !

Nous nous sommes orientés sur les Riverside Touring 520, sans modifier les équipements de série, simplement un porte-bagage avant pour Simon-Pierre. Ils sont très robustes, hyper maniables et équilibrés et nous emmènent parfaitement dans nos besoins. L'équipement est vraiment top pour le budget. Et ce qui a fini de nous convaincre est de pouvoir s’appuyer sur le réseau de magasins Decathlon et d’Ateliers qui permettent un entretien simplifié et des conseils. Nous avons toujours été bien reçus par les équipes, même en urgence.

Aucun pépin technique depuis le départ et même si on ne fait pas énormément de kilomètres, on ne les ménage pas côté chargement ! 

Vous vous étiez entrainés ?

A un mois et demi du grand départ, nous sommes partis 5 jours et 4 nuits sur la Loire à Vélo. L’idée était de tester le matériel que nous avions sélectionné, donner le goût aux enfants de partir, les initier au camping et à la vie en extérieur mais aussi tester nos capacités en termes de distance et d’effort.

Une expérience fondatrice pour nous, déjà car elle nous a donné un avant goût de ce que nous allions être amenés à vivre, avec son lot de doutes qui nous a quelque peu submergé à ce moment-là, il faut bien le reconnaître. Les enfants étaient comme des fous dans la tente, nous avons subi un peu de pluie nous montrant les limites de la vie en extérieur avec des petits, les balbutiements de la logistique du montage et du démontage des camps quotidiens, etc… Mais nous avons aussi reçu des signaux très positifs au cours de ces quelque jours, en commençant par le plaisir intense d’être sur les vélos et de sentir souffler le vent de la liberté, en entendant les enfants chantonner dans les remorques et sentir le plaisir du contact avec la nature et de la découverte, des échanges et des rencontres qui donnent envie d’en faire d’autres !

Dans le prochain épisode, Les Pneus dans le Plat nous parlent de la différence que ça fait, de voyager avec des enfants; de leurs 6 premiers mois sur la route, et de leurs meilleurs et moins bons souvenirs.

En attendant, vous pouvez les suivre sur Instagram !